Le sahel et la désertification
La sous région sahélienne correspond à une bande de terre qui borde l'extrême frange du Sahara. C'est un espace allant du Tchad au Cap-Vert et couvrant une superficie de 5,4 millions de Km2 pour une population supérieure à 50 milions d'habitants.
Le Sahel est une zone de transition entre le Nord aride et la forêt tropicale verdoyante qui longe le littoral. Le couvert végétal y est composé de buissons, d'herbes et d'arbres qui deviennent de plus en plus denses au fur et à mesure qu'on descend vers le sud. Aujourd'hui, le terme ''Sahel'' s'applique autant à une zone agro climatique qu'à une entité géopolitique.
Pesant de manière majeure sur l’évolution du climat, de la végétation, du potentiel hydrique et donc sur l’avenir des ressources naturelles disponibles pour les populations des régions sahéliennes, la désertification est un phénomène déterminant pour cette région du monde. La désertification désigne la dégradation des terres dans des zones arides, semi-arides et arides semi-humides.
Localisation
Le Mali est l’un des pays les plus pauvres du monde. Le PIB par habitant y est estimé à 366 dollars US par an, l’espérance de vie à 48 ans et le taux d’alphabétisation à 19%. L’indice de développement humain, classant le pays au 175ème rang sur 177 pays (PNUD 2006), résume bien cette situation.
Environ 72% de la population réside en milieu rural, l’agriculture constituant le moyen d’existence de 80% de la population et contribuant à 34% du PIB.
Le projet de reforestation concerne la région de Mopti, située au centre du pays. Cette région se partage en plusieurs zones : le delta intérieur du Niger autour de la ville de Mopti, la Falaise de Bandiagara et la plaine de Bankass le long de la frontière du Burkina Faso. La région de Mopti est divisée en huit cercles regroupant 108 communes. Les quatre communes concernées par le projet se trouvent dans le cercle de Mopti ; l’un des sites concerne la ville de Mopti, les trois autres sont Fatoma, Konna et Sio.
Le développement agro sylvicole
L’objectif prioritaire du programme de reforestation est de favoriser le développement économique local et d’améliorer le niveau et les conditions de vie des populations des zones concernées. Le projet est entrepris sur la base de l’échelle familiale. Le reboisement est envisagé dans le cadre d’une parcelle de 1 à 1,5 ha allouée à une famille qui sera en charge de la production agro forestière et du suivi des plantations sur ce terrain. Les espèces plantées sont complémentaires et permettront de répondre à différents besoins : production fourragère : élevage, fruitière et maraîchère
Les haies vives entourant la parcelle empêcheront le bétail de pénétrer le terrain. La production doit permettre ainsi d’assurer l’autosuffisance alimentaire et économique de chaque famille, soit dix personnes en moyenne. Les productions fruitière et maraîchère permettront en outre aux familles de diversifier leur alimentation et de pallier les carences en vitamines et en fibres, souvent très importantes dans les zones sahéliennes.
Un frein à l’avancée du désert
Le second objectif de notre projet est d’accompagner l’adaptation des populations locales aux changements climatiques et de leur permettre de répondre concrètement au danger que représente la désertification pour l’avenir de leurs activités agricoles. En créant un cercle vertueux, le reboisement permettra non seulement de créer, et/ou d’améliorer, les revenus agricoles mais aussi de favoriser la protection et la structuration des sols ce qui accroîtra en retour les rendements agro-forestiers.
Les haies vives ainsi que les arbres fruitiers et fourragers que nous comptons planter participeront à la régulation hydrologique du biotope sahélien. De plus, les haies vives permettront de limiter le ruissellement, de stocker l’eau et de favoriser la recharge des nappes phréatiques.
Les espèces d’arbres concernées par notre projet participeront à la protection du sol contre les érosions hydraulique et éolienne. En effet, la partie aérienne des arbres joue un rôle protecteur contre l’harmattan tandis que les racines des arbres améliorent la structure du sol et augmentent sa capacité d’infiltration des eaux et donc sa résistance à l’érosion.
Performance et sobriété énergétique par l'insertion de foyers améliorés en faveur des populations locales au Mali
(Programme additionnel actuellement en phase d'étude)
En addition du programme de développement agro sylvicole et de frein à la désertification au Mali, viendra se greffer un programme d'optimisation de l'utilisation des ressources énergétiques pour la cuisson des aliments. Il s'agit de proposer aux populations de la cinquième région du Mali d'utiliser des foyers de cuisson « améliorés », c'est-à-dire qui utilisent près de deux à quatre fois moins de bois et/ou de charbon. La pression sur les parcelles boisées se verra fortement diminuée (le bénéfice en terme d'émissions de CO2 est évident), ainsi que la corvée de bois effectuée par les femmes. |